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  CINECO : cinéma itinérant en Cévennes
Cinéco
Cinéma itinérant en milieu rural
Siège social La Paillote 48110 St Martin de Lansuscle
Tél/Fax/Rép
04 66 45 94 41
CNC n° 7388371
cineco@free.fr
www.cineco.org

Adulte 5 euro  
Enfant (-12 ans) 3 euro
Forfait 4 places 16 euro
Barre des Cévennes
Florac
Ispagnac
Lasalle
Le Pont de Montvert
Rousses
Saumane
St André de Valborgne
Ste Croix Vallée Française
Ste. Enimie
St. Etienne Vallée Française
St. Frézal de Ventalon
St. Germain de Calberte
St. Jean du Gard
St. Martin de Boubaux
St. Martin de Lansuscle
St. Michel de Dèze
Vialas

Quoi Quand Ou ?

  

10 fevrier au 8 mars

mars avril


le ruban blanc

France Italie Allemagne Autriche, 2009, 2h24
Un film de Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch... 
Comédie Sociale Acc. dès 14ans
Version originale sous titrée
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Palme d’Or - Cannes 2009
Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?
Mi-art, mi-science, le cinéma reste pour Michael Haneke le socle fantastique propice à ses expériences et ses projections mentales. Une fois de plus, c'est en anthropologue du septième art que le cinéaste autrichien nous revient avec 'Le Ruban blanc', un retour aux origines du mal dans ce qu'il a de plus ordinaire et d'insidieux. Celles du puritanisme le plus absolu, du désir frustré. Aux tenues immaculées et à la violence écarlate de Paul et Peter dans 'Funny Games', le réalisateur a substitué la neutralité d'un noir et blanc impartial et l'austérité d'une communauté aliénée à un protestantisme rigoureux. Comme d'habitude, Haneke se garde bien de fournir la moindre clé à son mystère. Il entretient le doute par les non-dits et une maîtrise incroyable du hors-champ. Au spectateur de se faire sa propre opinion sur la nature des méfaits et leurs responsables. Implacable et minutieux, Haneke dissèque ce microcosme villageois au rythme des saisons. Sa rigueur est brutale. Le cinéaste serre ses cadres au plus près des visages, ne laissant aucune chance à ses sujets. Il plonge dans cette société malade au bord de l'implosion, rongée par la malveillance, l'envie, la bêtise et la brutalité, les menaces et les vengeances perverses. Hantée par la peur de "s'égarer", elle s'évertue à marcher dans les pas de Dieu, sans comprendre que c'est de cette contrition et de ces souffrances ordinaires que naîtront les plus grandes monstruosités du siècle à venir. La sévérité de la mise en scène et la longueur du récit (près de 2h30) pourront malheureusement en dérouter plus d'un, mais 'Le Ruban blanc' confirme la très grande maîtrise de Michael Haneke à tous les niveaux de la réalisation, de l'écriture à la photographie, en passant par un casting époustouflant. Une véritable leçon. 

lucky luke
France, 2009, 1h44
Un film de James Huth
Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud... 
Comédie Western Accessible dès 8 ans
Cinémascope
Au cours de sa mission à Daisy Town, la ville qui l'a vu grandir, Lucky Luke, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", va croiser Billy The Kid, Calamity Jane, Pat Poker, Jesse James et Belle...
Réputées inadaptables au cinéma, les aventures de Lucky Luke prennent enfin vie devant la caméra énergique de James Huth, complice de Jean Dujardin depuis « Brice de Nice ». Le duo s’offre quelques libertés avec l’œuvre de Morris et Goscinny pour donner chair et épaisseur au cowboy le plus rapide de l’Ouest. Visuellement superbe, le film mélange action et humour absurde avec bonheur, porté par l’enthousiasme évident de ses protagonistes. Une réussite. 

Rapt 
France, 2009, 2h05
Un film de Lucas Belvaux
Avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon...
Drame Thriller Accessible dès 13 ans
Homme d'industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie...
En janvier 1978, l'enlèvement du baron Empain, à l'époque riche héritier et PDG du groupe Empain-Schneider, défrayait la chronique. Avec 'Rapt', en transposant librement l'affaire dans un contexte contemporain, Lucas Belvaux a choisi d'en réactiver les enjeux tout en se libérant du cadre rigide de la reconstitution historique. Le baron Empain devient Stanislas Graff, une grosse tête de l'industrie à l'existence solitaire. L'enlèvement n'est finalement qu'un point d'ancrage sur lequel le réalisateur s'appuie pour développer toute une réflexion autour du parcours personnel de cet homme de pouvoir, incarné à l'écran par un Yvan Attal souverain, délivrant sans doute là l'une de ses interprétations les plus brillantes. Toujours sur le fil, entre sobriété et puissance, fragilité et autorité. Certes, le film n'élude pas la brutalité du kidnapping et de ses ravisseurs, ni l'humiliation quotidienne de la séquestration. Pour autant, le rapt ne constitue pas une fin en soi mais un moyen de révéler les tensions et la violence bien plus ordinaire qu'il génère à l'"extérieur". Qu'elle soit publique, familiale ou intime, Graff s'était efforcé de préserver l'imperméabilité de chacune de ses "vies". Elles se retrouvent malgré lui soudain réunies. Le réalisateur filme cet équilibre fragile qui s'écroule, gangrené par les conflits d'intérêts financiers, politiques et médiatiques. Au nom du pragmatisme, on renie, on remplace, on écrase, on élimine. Chacun abat ses cartes. Chacun a ses raisons, d'Etat ou financières. Belvaux dresse le portrait d'une société moderne indécente, plus soucieuse des soubresauts du CAC 40 que des persécutions infligées à cet homme. Contre tous les "il l'a bien cherché", Lucas Belvaux épluche consciencieusement les rouages malsains du pouvoir ainsi que les plus vils instincts d'une vindicte populaire prête à justifier les pires atrocités. Et pose finalement la question de la barbarie et de sa véritable nature. 

Hotel woodstock
USA, 2009, 2h00
Un film de Ang Lee
Avec Emile Hirsch, 
Demetri Martin, Liev Schreiber...
Comédie dramatique légère Acc dès 12 ans
Version originale sous titrée 
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
Le réalisateur de Tigre et Dragon, Raison et sentiments, Lust Caution, sans oublier le bouleversant Le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee, nous livre son nouveau film. Récompensé à plusieurs reprises dans le cadre du Festival de Berlin et celui de Venise. Avec Hotel Woodstock, il s’éloigne de cette verve épique qui était la sienne ces dernières années et se tourne vers un style plus léger, d’une folle drôlerie derrière une certaine forme de mélancolie. 
Ang Lee adapte ici le livre d’Elliot Tiber, un livre qui lui a été offert par l’auteur lui-même alors qu’ils s’étaient croisés totalement par hasard et nous offre une comédie d’une enthousiasmante énergie dépassant la simple parenthèse cinématographique sur un évènement culturel ayant marqué l’histoire des Etats-Unis. Raconter Woodstock était dès le départ une entreprise terriblement périlleuse et ce concert mémorable avait déjà fait l’objet, en 1970, d’un percutant documentaire de près de trois heures. Le cinéaste se concentre donc ici avec intelligence sur une petite histoire dans la grande histoire, un délicieux épisode, le cheminement d’un homme ayant permis que tout cela prenne forme, sans réellement y participer directement, le récit d’une libération personnelle s’inscrivant avec pertinence dans le parcours d’Ang Lee. Au fil de ces quelques semaines qui vont précéder le concert, au fil des rencontres, au fil de ces trois journées inoubliables, la vie étriquée du timide et taciturne Elliot va soudainement exploser car il va enfin réussir à affronter ses angoisses, à s’imposer, à oser être ce qu’il est, un homosexuel ne supportant plus la tyrannie de sa mère, un homme ayant envie enfin d’exister pour lui-même, de s’épanouir en acceptant sa propre sensibilité. Au travers de ce personnage, Ang Lee retrouve des thématiques qui lui sont chères, poursuit ses questionnements sur la famille, la quête identitaire, l’affirmation de ce que l’on est au plus profond de nous. 
Une joueuse parenthèse, débridée, humaniste, cool évidemment, nous donnant envie de retrouver cette ferveur insouciante qui portait les jeunes de cette époque. Un film qui sortira aux Etats-Unis pour les 40 ans de Woodstock. 

La plaquette s’enrichit !

Dorénavant, vous pourrez rencontrer au fil des pages un étrange tampon. Ni pour les amoureux, 
ni contre le cancer, simplement voilà un signal destiné à mettre en avant certains films que nous
avons visionnés et qu’il nous paraît important de défendre, simplement pour que vous ne passiez pas à côté. 
Effectivement, certaines perles sont parfois noyées dans la programmation et parce que personne ne parle d’elles, beaucoup d’entre vous les ratent. 
La dernière était ‘Cherry Blossoms’ un petit film allemand qui est passé totalement inaperçu et qui pouvait paraître difficile et déprimant. En fait c’était tout le contraire mais il n’y a que 30 chanceux répartis sur 6 séances qui en ont profité.
Ce ‘coup de coeur’ signifie donc que vous pouvez aller voir ce film les yeux fermé (mais mieux vaut les ouvrir dans la salle), vous y verrez un film rare, sympathique, troublant, mais toujours intéressant. 
L’autre nouveauté se situe après le genre du film. Nous vous indiquerons à partir de quelle tranche d’âge se destine le film. Attention, cette information ne se substitue pas aux interdictions ou avertissements réglementaires, mais elle sera complémentaire. Par exemple, un film d’animation n’est pas forcément accessible pour les tout-petits (comme Coraline qui est conseillé à partir de 10 ans) et peut-être parfois passionnant pour les adultes. 

Site Internet Nous nous apprêtons à développer notre site internet pour qu’il soit plus complet. ( Pour l’instant sur www.cineco.org grâce à l’amabilité du réseau des offices du tourisme vous ne trouvez que la programmation)
Nous pourrions ajouter une page de présentation, une page concernant les animations exceptionnelles, un mot sur les équipes de bénévoles de vos villages, un forum pour vos réactions et suggestions... Et pourquoi pas ce que vous souhaiteriez y trouver ? 
Alors n’hésitez pas et faites nous part de vos désirs même les plus fous. Nous ne manquerons pas d’en tenir compte. Réagissez au 04 66 45 94 41 ou sur notre email cineco@free.fr

Communiqué spécial St Jean
Suite à des problèmes techniques récurrents qui ont conduits à l’annulation de plusieurs séances et face à la difficulté que nous rencontrons pour assurer une activité cinéma régulière (annulations de l’été, téléscopages réguliers) les bénévoles, démotivés, souhaitent réduire leur investissement en attendant d’autres conditions. 
Le rythme du cinéma cet hiver sera dont réduit de moitié. 
Soit un film tous les 15 jours le vendredi. Les films programmés par les ados de l’Oustal (qui, on le rappelle, constituent le circuit Plus) sont maintenus en priorité. 

Présentation – Débat
Le Cinéclub s'invite à Cinéco 
Dans le cadre d’un partenariat, le cinéclub (créé il y a deux ans) viendra animer régulièrement des films projetés par Cinéco à Florac. 
Tous les 2 mois vous aurez la possibilité d'échanger vos idées et vos critiques sur un film. Les bénévoles du cinéclub vous proposent pour cette programmation une présentation et un débat autour du film ‘Les Herbes Folles’ d’Alain Resnais ("Prix exceptionnel" Cannes 2009 à Alain Resnais pour ce film et pour l'ensemble de sa carrière). à l’issue de la séance nous vous proposons de se retrouver autour d'une buvette dans le but d'approfondir votre passion du cinéma.

avatar
USA, 2010, 2h40
Un film de James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe 
Saldana, Sigourney Weaver...
Fantastique Science fiction Tout public 
version française
Sur une lointaine planète, Jake Sully, un héros malgré lui, se lance dans une quête de rédemption, de découverte, d'amour inattendu, dont l'issue sera un combat héroïque pour sauver toute une civilisation. 
Douze ans après avoir filmé le naufrage du Titanic, le cinéaste refait surface avec force et fracas dans une fresque écolo-politique hors norme. Plus de dix ans d'écriture, quatre ans de production et un demi-milliard de dollars plus tard, et le film est là. 'Avatar' est un film monumental, réalisé avec la même démesure que celle des bâtisseurs de cathédrales. Le nouveau monde imaginé par Cameron est d'une richesse et d'une immensité saisissantes qui ne sont pas sans rappeler l'animation nippone. Côté scénario, la réflexion techno-écolo suit une trame finalement très classique. Les personnages et les rapports de force qui les animent sont clairement identifiés : d'un côté, une force militaire toute-puissante au service d'une industrie dévorante ; de l'autre, une communauté scientifique humaniste avide de découvrir et de comprendre. Face à eux, l'inconnu, l'étranger, l'autre. Sans parler de révolution de l'art cinématographique, 'Avatar' constitue à n'en pas douter une formidable expérience de cinéma. Une évolution technologique incomparable - plus appréciable en 3D mais digne d’intérêt en 2D - mise au service de l'acteur et de sa performance, le tout au profit d'une immersion absolument inédite. 

les chats persans
Iran, 2010, 1h06
Un film de Bahman Ghobadi
Avec Negar Shaghaghi, Ashkan 
Koshanejad, Hamed Behdad...
Comédie dramatique Accessible dès 13 ans
Version originale sous titrée
A leur sortie de prison, une jeune femme et un jeune homme musiciens décident de monter un groupe. Ils parcourent Téhéran à la rencontre d'autres musiciens underground et tentent de les convaincre de quitter l'Iran. N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran, ils rêvent de sortir de la clandestinité et de jouer en Europe. Mais que faire sans argent et sans passeport... 
Avec un film censuré au compteur, un projet purement et simplement interdit et quelques jours d’emprisonnement, Bahman Ghobadi rejoint la tribu grandissante des artistes en butte au régime qui oeuvrent dans l’ombre, et consacre 'Les Chats persans', son dernier film, à quelques uns des plus exposés d’entre eux. A savoir, les musiciens qui, dans les caves et les garages, créent des musiques interdites - rock, rap… -, idéals vecteurs des colères sociales, des revendications de liberté, des frustrations de tous ordres. Bahman Ghobadi en profite au passage pour convertir sa frustration en énergie positive, tourne le dos au cinéma rural comme au style contemplatif et parfois esthétisant qui était le sien jusqu’à présent pour se lancer dans un projet urbain, semi-documentaire et tourné en caméra DV. En suivant le fil rouge d’un duo de musiciens en quête de visas pour quitter le pays, Ghobadi arpente, caméra en main, les milieux underground de Téhéran et livre un film combatif et pugnace qui décompte les innombrables hypocrisies auxquelles la société iranienne doit quotidiennement faire face. Un électrocardiogramme d’un pays débordant de vie et d’espoir. 

Complices
France, 2010, 1h30
Un film de Frédéric Mermoud
Avec Gilbert Melki, Emmanuelle Devos, Nina Meurisse...
Policier Thriller 
Dès leur premier regard échangé dans un cyber-café, Vincent et Rebecca se sont aimés. Ils sont jeunes, à peine 18 ans, et regardent la vie avec insouciance. Pourtant deux mois plus tard, le corps de Vincent est retrouvé dans le Rhône, sans vie et salement amoché. Et Rebecca a disparu juste après cette mort brutale. Hervé Cagan, 48 ans, de la police judiciaire de Villeurbanne, est chargé de l'enquête. C'est un homme peu engagé affectivement qui se consacre exclusivement à son travail. La plupart des affaires de meurtre se résolvent en quelques jours. Cagan et sa coéquipière Mangin vont devoir rapidement reconstituer la trajectoire chaotique des deux adolescents. Cagan découvre que Vincent se prostituait sur Internet, racolant ses clients sur des sites de rencontres.
Côté pile, une histoire d’amour éperdu entre une lycéenne et un jeune prostitué, Rebecca et Vincent, née au premier regard échangé dans un cybercafé. Lorsque Vincent est retrouvé étranglé dans le Rhône, une enquête débute menée par deux inspecteurs que des liens intimes semblent fortement lier : c’est le côté face de cette histoire aux accents de polar noir. Ce scénario habilement agencé tisse présent et passé, et fait s’entrechoquer l’intensité d’une passion naissante et la radicalité de son aboutissement. Pour autant, la mise en scène discrète et parfaitement maîtrisée de Frédéric Mermoud - dont c’est ici le premier long métrage - s’abstient de tout contraste marqué : sa photographie monochrome place l’action sous un ciel gris persistant ; ses cadres font la part belle aux personnages, dans les deux espaces-temps. Sous ses faux airs alambiqués, ‘Complices’ bat sa juste mesure, évitant tout excès. Ni sec, ni lyrique. La tendresse qui relie les personnages les uns aux autres semble irradier d’un bout à l’autre du film. ‘Complices’, polar doux ? En tout cas, une jolie réussite chorale. 

Le concert
France, 2009, 2h00
Un film de Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov ...
Comédie dramatique légère Acc. dès 12 ans 
Cinémascope
(Quelques scènes sont en russe sous titrée en français)
A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage. Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour nettoyer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé à la direction du Bolchoï : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre officiel à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche... 
A l'origine du 'Concert', il y a un paradoxe. Celui d'une société russe moderne encore tiraillée entre la nostalgie du vieux communisme et la volonté d'intégrer le cercle mondial du capitalisme pur et dur. Un contraste à la fois tragique et comique dont Radu Mihaileanu a su faire la trame de son récit. Derrière les apparences du simple divertissement grand public, le réalisateur évoque le souvenir douloureux de l'URSS de Brejnev il y a trente ans. De cette Russie humiliée et mise à terre. De ses intellectuels brimés, asphyxiés aujourd'hui bien décidés à se relever. Un désir incarné par cette envie désespérée qui anime Ivan, ancien chef d'orchestre du prestigieux Bolchoï, de se rendre à Paris, accompagné de ses anciens compagnons de partition, pour jouer Tchaïkovsky au Théâtre du Châtelet. A la douleur et aux cicatrices de l'oppression, Radu Mihaileanu oppose l'extravagance, l'autodérision et le burlesque. Les traits sont appuyés, les caractères, picaresques. Quand Moscou débarque à Paris, c'est une horde de "barbares" qui envahit une capitale "civilisée" et propre sur elle. Le Russe est indiscipliné, alcoolique et obsédé par l'argent. Le Français, pire, le Parisien est sérieux, guindé et respectueux des règles. Et pourtant, de cette rencontre, de ce "dialogue culturel" au départ impensable va naître l'"ultime harmonie", ce rêve absolu après lequel court chacun des personnages. Une aspiration individuelle à laquelle seul le collectif saura répondre. L'idée prend tout son sens dans ce concert, point d'orgue final du film et mis en scène avec une incroyable virtuosité. Un face à face saisissant entre le soliste et l'orchestre, où chacun devra comprendre les dissonances de l'autre pour parvenir à jouer à l'unisson. 

Max et les maximonstres
USA, 2010, 1h40
Un film de Spike Jonze
Avec Charlotte Gainsbourg, Max Records, Catherine Keener ...
Aventure Famille Acc. de 8 ans à 88 ans
Cinémascope
Max, un garçon sensible et exubérant qui se sent incompris chez lui, s'évade là où se trouvent les maximonstres. Il atterrit sur une île où il rencontre de mystérieuses et étranges créatures, aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Les maximonstres attendent désespérément un leader pour les guider, et Max rêve d'un royaume sur lequel régner... 
Spike Jonze construit des espaces mentaux dans lesquels évoluent des personnages fragiles en pleine (re)construction intime. ‘Max et les Maximonstres’ présente la quintessence d’un cinéma personnel qui sait conjuguer modernité conceptuelle des formes et intensité émotionnelle. Fidèle au livre pour enfants de Maurice Sendak, le cinéaste fait rejaillir chez le spectateur adulte le souvenir fantomatique de ses plus jeunes années. Le voyage intérieur du remuant Max, alors en rupture avec son quotidien, est une madeleine de Proust savourée dans un climat nostalgique à la fois douillet et étouffant. Terre versatile des possibles et des espérances, l’imaginaire enfantin occasionne la rencontre du merveilleux et des angoisses inhibées, se nourrissant de sensations et d’intuitions encore incomprises. Bien que difficile d’accès au premier abord, le scénario fonctionne parce qu’il repose sur un judicieux équilibre entre fines métaphores psychanalytiques et souci du spectaculaire. Jonze affirme sa patte et s’impose en homme d’images prêt à relever le défi de conter les nuances insaisissables de l’affectif. Le rythme soutenu de la mise en scène, les décors naturels, l’association du numérique et d’effets spéciaux bricolés traditionnels, ainsi que la performance physique de l’acteur principal participent au réalisme tangible de cette odyssée initiatique. Le réalisateur propose une expérience sensorielle, permettant de voguer d’une rive à l’autre, de la fiction à la sphère privée et inversement. 

la princesse et la grenouille
USA, 2010, 1h37
Un film de Ron Clements et John Musker
Animation pur Disney Tout public
Sur les bords du Mississippi, Naveen, un jeune prince séduisant - mais paresseux et gâté - et surtout transformé en grenouille par un sorcier, persuade Tiana, une belle jeune fille courageuse, de lui donner un baiser pour qu'il retrouve sa forme humaine. Mais le résultat n'est pas celui espéré : c'est la jeune fille qui est à son tour métamorphosée en batracien. 
Alors oui, bien sûr, c’est un film de princesse pour jeunes filles. Le titre, emprunté au fantasme premier de l’univers féerique, ne ment pas. "Embrasse une grenouille et ton prince viendra." Heureusement, pour classique que soit sa facture, le nouveau Disney lorgne du côté de l’humour décalé qui fait les beaux jours de l’animation. Point trop non plus. Si la princesse n’en est pas une, si c’est sa copine qui meurt d’envie de se faire épouser par un prince, si le prince est un tire-au-flanc menacé de "déshéritage" par ses parents européens, le manichéisme, les bons sentiments et le dépassement de soi font toujours recette. Bref, l’immersion dans la belle époque du classique Disney est totale, généreuse. La magie opère, les méchants sont plus ridicules qu’effrayants, l’ambiance survoltée de la Nouvelle-Orléans distille son swing dans un joyeux carnaval de couleurs et d’amitié triomphante. On n’en demandait pas plus. Disney nous fait la grâce d’un humour moins conventionnel et d’une autodérision mesurée. Son retour au travail manuel est une réussite bien calibrée. Un produit léché, rassasiant et délicieusement épicé. 

Mother 
Corée du Sud, 2010, 2h10
Un film de Bong Joon-ho
Avec Won Bin, Kim Hye-Ja, Jin Ku...
Drame Thriller Accessible dès 13 ans
Cinémascope
Version originale sous titrée
Une veuve élève son fils unique Do-joon qui est sa seule raison d'être. A 27 ans, il est loin d'être indépendant et sa naïveté le conduit à se comporter parfois bêtement et dangereusement, ce qui rend la mère anxieuse. Un jour, une fille est retrouvée morte et Do-joon est accusé de meurtre. Afin de sauver son fils, sa mère remue ciel et terre mais l'avocat incompétent qu'elle a choisi ne lui apporte guère d'aide. La police classe très vite l'affaire. Comptant sur son seul instinct maternel, ne se fiant à personne, la mère part elle-même à la recherche du meurtrier, prête à tout pour prouver l'innocence de son fils... 
Au début du tournage de ‘Mother’, Bong Joon-ho imaginait une loupe, laissée au soleil, dont la cible se mettrait lentement à brûler. La métaphore sied à merveille au film, le cinéaste resserrant son intrigue autour du personnage de la mère, interprétée par l’icône coréenne Kim Hye-ja. Comme toujours dans le cinéma de Bong Joon-ho, le point de départ est prétexte à de nombreuses digressions : les visées politiques de ‘The Host’, la mise à mal du système judiciaire de ‘Memories of Murder’. Dans ‘Mother’, l’enquête policière sert à dépeindre la relation ambiguë entre une mère et son fils. Cette fois, au lieu d’élargir, le cinéaste se concentre sur cette seule relation moins évidente qu’il n’y paraît, donnant au gré du récit les clés au spectateur pour l’appréhender comme il se doit. ‘Mother’ est fait de faux-semblants, chaque personnage cache un double intérieur qui révèle une autre facette de l’histoire. Avec dextérité, Bong Joon-ho maintient la tension et le suspense jusqu’à la révélation finale, ironique et sans appel, en forme d’éternel retour. 

bright star 
Grande Bretagne, 2010, 2h00
Un film de Jane Campion
Avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider ...
Bio Drame Romance Accessible dès 9 ans
Version originale sous titrée
Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine, Fanny Brawne, une étudiante, tombent amoureux l'un de l'autre et entament une liaison en secret. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez hostiles. John trouve que Fanny est une jeune fille bien élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature...
Délicat et poétique, le nouveau film de Jane Campion est un instant délicieusement tragique. Quelle réussite que d’évoquer la vie d’un poète, en l’occurrence celle de John Keats, sans sombrer dans un banal biopic, plus prompt à dispenser des anecdotes qu’à se glisser entre les voiles de la création. La poésie se vit et ne s’apprend pas, voilà ce que nous dit Keats à travers la voix de Jane Campion. Chaque séquence du film se compose comme autant de vers éphémères et lumineux pour dire l’attachement de deux êtres, la beauté et l’innocence de l’amour, l’amitié… Dans cette nature magnifiée par l’objectif de Campion, le romantisme est exalté, l’intimité caressée. Teinté de classicisme, ‘Bright Star’ affiche cependant une spontanéité, une immédiateté, un rythme très moderne. Modernité que l’on retrouve dans l’envie de dresser le portrait d’une femme singulière, Fanny Brawne. Un film subtil dans lequel l’amour et la jeunesse sont à portée de main. 

invictus
USA, 2010, 2h12
Un film de Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood...
Histoire biographie Accessible dès 9 ans 
Cinémascope
Version française
En 1994, l'élection de Nelson Mandela consacre la fin de l'apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur les plans racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport... 
Un an après le sombre Gran Torino en forme de film testament, Invictus montre que Clint Eastwood a retrouvé la forme. Cette fable optismiste raconte comment Mandela a poussé l'équipe nationale de rugby, emblématique de l'apartheid, à donner le meilleur d'elle-même lors la Coupe du monde de 1995. Le leader charismatique récemment élu sait que ce symbole fort sera celui de la réconciliation nationale. Blancs et Noirs font alors table rase de leurs différences pour s'unir derrière les Springbocks.
Invictus est d'abord un film de réalisateur. Eastwood se régale aussi bien dans les scènes intimistes qu'en plaçant sa caméra au coeur d'une mêlée : le spectateur a l'impression d'être à la place du ballon ovale. Le suspense va crescendo bien que le résultat de la rencontre soit connu. Matt Damon en capitaine blondinet et Morgan Freeman, adoubé par Mandela lui-même pour l'incarner, se mettent au diapason de cette oeuvre généreuse. On éprouve une furieuse envie d'applaudir à la fin du match, qu'on soit fan de rugby ou non. Car le sport n'est ici qu'un prétexte pour célébrer l'homme dans ce qu'il a de meilleur. 

Gainsbourg (vie héroïque)
France, 2010, 2h10
Un film de Joann Sfar
Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta...
Conte musical biographique Acc. dès 9 ans 
Cinémascope
Une histoire qui retrace la vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginzburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu'au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l'avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses. 
Derrière son titre ambigu, ce premier film de Sfar n’est pas la simple biographie filmée qu’on pourrait craindre : d’entrée de jeu, le générique précise qu’il s’agit d’un conte. C’est exact. Et tant mieux. Certes, on retrouve tout de même les ingrédients d’un biopic classique, à commencer par l’évidente ressemblance des comédiens avec leurs modèles - Eric Elmosnino en tête (de chou). Les citations, anecdotes et clins d’oeil abondent également. En un mot, Sfar veille scrupuleusement à ne jamais trahir les faits, et ravira sur ce point les fétichistes du chanteur aux Repetto blanches. Mais il ne s’en tient pas là. Car très vite, l’exactitude biographique passe au second plan, se mue en pur prétexte à de savoureuses digressions entre Gainsbourg et lui-même ; ou plutôt, entre Lucien Ginzburg et sa “Gueule”, sorte de double expressionniste, démon personnel au visage de latex - avec des airs de grand vampire à la Murnau. Excellente idée, qui donne au film une vigueur inespérée en le situant dans l’imaginaire d’un Serge où se baladeraient les créatures de Joann, dont on retrouve alors l’univers fécond, mêlant questionnement philosophique, perspectives décalées et sens aigu du dialogue. Malgré quelques longueurs sur la fin, le film trouve ainsi son équilibre, échappant avec élégance aux risques de l’hagiographie ou de l’académisme. Mieux qu’un hommage, donc : une véritable variation musicale. C’est fortiche. Et souvent beau. 

les contes de l’âge d’or
Roumanie, 2009, 2h18
Un film de Cristian Mungiu, Ioana Uricaru, Hanno Höfer avec Diana Cavaliotti, Radu Iacoban...
Comédie burlesque historique Acc. dès 8 ans
Version originale sous titrée
Les 'Contes de l'âge d'or' évoquent les dernières années de l'ère communiste en Roumanie, à travers les histoires étonnantes de gens ordinaires. Ces légendes urbaines à la fois comiques, étranges, émouvantes puisent leur inspiration dans un quotidien souvent surréaliste, quand l'humour était le seul moyen de survie de tout un peuple. 
En un sens, le collectif de réalisateurs à l'origine de 'Contes de l'âge d'or' réussit à revenir à l'essence du cinéma, au temps où le dialogue n'existait pas ou peu. En laissant la priorité à l'image et au gag visuel, ils contribuent à rendre burlesque la Roumanie de la fin de l'ère Ceausescu. Les cinq courts métrages ne dénoncent pas le totalitarisme par une charge du pouvoir. En revanche, les films explorent les petits travers d'une bureaucratie à l'agonie, et une mécanique si bien huilée, au service du culte de la personnalité, finit par apparaître complètement ridicule en se mordant la queue en permanence. Sans montrer de lutte tragique pour la survie, ou le folklore qu'a voulu nous offrir la propagande néolibérale , 'Contes de l'âge d'or' se veut un éloge du système D, permettant aux cinéastes de relater l'inventivité et le sens de la transgression du peuple roumain dans une période de dictature très dure. l'ensemble vaut pour sa bienveillance, sa nostalgie sans aveuglement et la beauté des êtres qui y sont présentés. Assez rarement employé dans son acception littérale, le terme "films à sketchs" sied particulièrement à 'Contes de l'âge d'or', et quand la drôlerie sert de témoignage à l'histoire d'une nation, on ne peut qu'applaudir collectivement. 

Certains articles sont extraits du magazine Diagonal, de la revue Première, du site de Télérama http://www.telerama.fr/ ou de M.Cinéma avec l'aimable autorisation des rédacteurs.

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