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looking for eric
Belgique France Royaume Uni, 2009, 1h59
Un film de Ken Loach
Avec Eric Cantona, Steve Evets, Stephanie Bishop...
Comédie (sociale) Dès 8 ans
Version originale sous titrée
Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe.
Sous son nez, ses deux beaux fils excellent dans des petits
trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à
la hauteur et sa vie sentimentale est un désert. Malgré la
joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui
font tout pour lui redonner le sourire, rien n'y fait... Un soir,
Eric s'adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa
chambre semble l'observer d'un oeil malicieux. Que ferait à sa
place le plus grand joueur de Manchester United ? Eric en est
persuadé, le King Cantona peut l'aider à reprendre sa vie en
mains...
Cantona, pour la première fois convaincant à l'écran, s'amuse
(et nous avec) en se moquant de son image médiatique : quand Eric
le facteur se plaint de ses malheurs, coach Eric lui délivre des
sentences définitives avec un sérieux imperturbable. L'humour
est un élément essentiel (et souvent négligé) de la
filmographie de Ken Loach. Mais jamais le réalisateur anglais
n'avait autant assumé le registre de la comédie que dans ce film
euphorisant, dont le charme parvient à résister à la mi-temps,
à un virage peu convaincant vers le polar. Le contexte social
n'est pas oublié, bien au contraire (on est chez Loach, tout de
même !), mais toujours en arrière-plan. Looking for Eric ne
cherche pas à démontrer comment l'ultralibéralisme fait
prospérer le grand banditisme : il se contente de le montrer, et
c'est bien plus efficace. La description du football comme lien
social menacé par l'argent roi est tout aussi réussie. Au final
on trouve dans ce film léger ce qui pourrait résumer toute
l'oeuvre du cinéaste. Un mélange énergique de joie, de
solidarité, mais aussi de violence. Histoire de rappeler que
l'optimisme ne calme pas la colère.
Harry Potter et le Prince de sang mêlé
USA, Royaume Uni, 2009, 2h32
Un film de David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson...
Fantastique Aventure Dès 8 ans
Version française
Cinémascope
Alors qu'Harry Potter débute sa sixième année à l'école des
sorciers, il découvre un mystérieux grimoire sur lequel est
inscrit "ce livre appartient au prince de sang-mêlé".
C'est ainsi qu'Harry en apprend plus sur le sombre passé de
Voldemort...
Harry Potter et le Prince de sang mêlé est le sixième volet de
la saga Harry Potter. Le film suit Harry Potter à l'école des
sorciers (2007) et précède Harry Potter et les reliques de la
mort (2010). En août 2008, par le biais d'un communiqué, les
dirigeants des studios Warner Bros Pictures ont annoncé aux fans
leur décision de décaler la sortie du sixième volet de la
franchise magique. La sortie fut repoussée de onze mois. Une
nouvelle très mal accueillie par les millions de fans. Qui ont
dû prendre leur mal en patience. Mais enfin, le terrible tourment
touche à sa fin, rendez-vous en septembre pour la délivrance...
Good morning england
Royaume Uni, 2009, 2h15
Un film de Richard Curtis
Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy...
Comédie Romance Musical Dès 13 ans
Version originale sous titrée
Cinémascope
Carl vient de se faire renvoyer du lycée, et sa mère a décidé
qu'il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain,
Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock,
une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé
d'un équipage éclectique de DJ's rock and roll. À leur tête se
trouve le Comte, un Américain exubérant, véritable dieu des
ondes en synergie totale avec la musique. A ses côtés, ses
fidèles animateurs : Dave, Midnight Mark, Wee Small Hours Bob...
La vie en mer du Nord est riche en événements...
Du rock sur les ondes, des pirates sur les flots, fluctuat nec
mergitur et les copains d'abord, sous pavillon anar : Good Morning
England est fait de ce joyeux délire. L'histoire vraie des radios
pirates anglaises est un sujet en lui-même très riche d'idées
cinématographiques et sonores. Le film les exploite avec bonheur,
en conjuguant aventures de pirates et comédie musicale hippie,
initiation burlesque d'un jeune puceau et revival des sixties.
Après avoir signé quelques-uns des meilleurs scénarios de
comédie de ces dernières années (Quatre Mariages et un
Enterrement, Coup de foudre à Notting Hill) et débuté avec
succès dans la mise en scène avec Love Actually, Richard Curtis
orchestre un charivari jubilatoire. Il y a un plaisir de carnaval
à s'embarquer dans ce trip déjanté qui brave non seulement la
loi mais les règles de la bienséance et du bon goût. C'est
trivial et bariolé, provocant, amical et passionné.
A propos
La bande originale de Good Morning England est peut-être la
meilleure compilation possible du rock anglo-saxon des années
1960.
LE DÉJEUNER DU 15 AOÛT
Italie, 2009, 1h25
Un film de Gianni Di Gregorio
Avec Valeria De Franciscis, Marina Cacciotti, Gianni Di Gregorio...
Comédie Humanité Dès 12 ans
Meilleur 1er Film
Mostra de Venise 2008
Version originale sous titrée
C’est l’été à Rome. Gianni, la cinquantaine, vit seul avec
sa mère très âgée, dans le grand appartement familial, et
assure toutes les tâches quotidiennes. Ses seules distractions
sont les courses et balades quotidiennes dans le quartier, et son
penchant pour la bouteille. Criblé de dettes et d’impayés,
Gianni reçoit la visite du syndic de l’immeuble, qui lui
propose un marché : il rembourse à sa place ses loyers et
factures, mais Gianni doit recevoir et s’occuper de sa mère,
pour ce week-end du 15 août. Gianni accepte. Sauf que le syndic
arrive avec sa mère, mais aussi avec la Tante Maria. Et ce n’est
pas fini !
Après une entrée en matière mollassonne, ce premier long
métrage italien installe son regard drolatique et bienveillant,
et diffuse son charme. Car l’écriture et la mise en scène de
Gianni Di Gregorio privilégient la lenteur et la simplicité,
collant au déroulement des événements, plutôt que la
sophistication formelle et esthétique. Le budget réduit de l’aventure
sert aussi à cette histoire d’un couple fils/mère fauché et
réfugié dans son appartement romain cossu, où tout n’est qu’affaire
des petites choses de la vie. Dans la lignée des comédies
italiennes chères aux années 70, où l’exubérance
existentielle se mêle à la description sociale d’un peuple
solidaire, cette fantaisie estivale réussit à faire mouche
grâce à un humour au poil. Les mamies rivalisent de truculence
chacune dans leur coin. L’homme sert avec souplesse les
doléances de ces dames, des allers et venues du téléviseur au
convoité gratin de pâtes, de la benjamine foldingue à la
doyenne coquette. Et l’émotion réussit à trouver sa place, au
gré d’un gros plan, d’un geste et surtout du regard sans fard
de la caméra sur le temps qui passe et sur la solitude de ces
grands enfants.
Un petit chef d’oeuvre sur l’art de prendre les tracas de la
vie avec légèreté et humour. Un très joli moment.
Dans le cadre du festival de Jazz à Ispagnac
Retour à Gorée
Luxembourg, Italie, 2007, 1h42
Un documentaire de Pierre-Yves Borgeaud
Avec Youssou N'Dour, Moncef Genoud, Idris Muhammad...
Road movie musical Dès 8 ans
Le périple du chanteur africain Youssou N'Dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu'ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l'île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l'esclavage. Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N'Dour parcourt les Etats-Unis et l'Europe. Accompagnés par des musiciens d'exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l'esclavage, une musique qui transcende les cultures.
D'Atlanta à New Orléans, de New York à Dakar en passant par le Luxembourg, les chansons se transforment, s'imprègnent de jazz et de gospel. Mais déjà le jour du retour en Afrique approche et beaucoup reste à faire afin d'être prêt pour le concert final...
cette
expérience filmique hautement déstabilisante, mais certain d’avoir
touché à un pan d’une vérité trop souvent occultée.
Twilight 2
Tentation
USA, 2009, 2h10
Film de Chris Weitz
avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner...
Fantastique Romance Accessible dès 10 ans
Cinémascope
Version française
“Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé." Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prend des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l'ambigüité des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre..."
Twilight, c'est plus bien plus qu'un film, un phénomène! Et il faut s'attendre, dans les salles, à un raz-de-marée d'adolescents qui n'auront qu'une idée en tête, s'assurer que le chapitre 2: «Tentation» est rigoureusement fidèle au deuxième tome de la saga de Stephenie Meyer. Rassurons-les: la copie est impeccable. Chris Weitz ne tenait sans doute pas à se voir attaqué aux gousses d'ail par les supporters du vampire Edward ou touché par des balles d'argent tirées par les amis du loup-garou Jacob.
Redevenons sérieux, l'intérêt de ce film réside dans la façon qu'a le réalisateur d'«American Pie», grand familier des amours adolescentes, d'évoquer ce moment difficile qui sépare l'enfance de l'âge adulte. Et les jeunes interprètes sont tout aussi crédibles dans les scènes d'amour que dans les séquences d'action: attaque de gros loups dans une forêt américaine, rencontre avec de vieux vampires teigneux dans un château toscan, etc.
Les fans sortiront de la salle avec l'envie furieuse de découvrir la suite (Le troisième opus sera diffusé sur nos circuits en septembre 2010). Les autres, à qui ces monstres trop sages donnent des boutons, pourront toujours emprunter aux héros leur crème contre l'acné...
Mademoiselle Chambon
France, 2009, 1h41
Un film de Stéphane Brizé
Avec Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Aure Atika...
Comédie dramatique Romance Acc dès 13 ans
Cinémascope
Jean est quelqu'un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d'un monde différent. Ils vont être dépassés par l'évidence des sentiments.
Ils se sont aimés et séparés à la ville. Les voici réunis à l'écran, forts d'une relation réelle qui rend leur complicité crédible dans Mademoiselle Chambon. Vincent Lindon apparaît touchant de maladresse dans la peau d'un maçon heureux en ménage tout surpris de tomber amoureux d'une autre femme que la sienne. Sandrine Kiberlain vibre autant que son violon en institutrice esseulée et mélomane tombant sous le charme de ce père d'élève timide. Leur pas de deux est filmé avec une infinie délicatesse par Stéphane Brizé. Un air de musique joué de dos ou un baiser tendrement sensuel forment les points d'orgue d'une passion entre deux êtres ordinaires. «C'est une histoire simple», précise le cinéaste qui, pour porter à l'écran un roman d'Eric Holder, a privilégié les jeux de regards au choc des corps. Le film, sensible, évoque Sur la route de Madison par sa façon délicate de traiter les amours de deux êtres parvenus à un carrefour de leur vie. La mélancolie qui se dégage du film est à la fois profonde et légère, comme un souffle de vent automnal.
Un film précis et touchant...
Les herbes folles
France Italie, 2009, 1h44
Un film de Alain Resnais
Avec André Dussollier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos...
Comédie dramatique Thriller Acc dès 16 ans
Cannes 2009 "Prix exceptionnel"
à Alain Resnais pour le film
et pour l'ensemble de sa carrière
Marguerite n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.
Dans une bourgade de la région parisienne aux couleurs illusoires, un homme et une femme partent en traque l’un de l’autre, l’un après l’autre. Deux herbes folles gagnées par l’ivresse du désir. A contretemps. Une histoire d’amour ? Plutôt une affaire de combat, de stratégie ou stratagème, d’évitement, puis d’affrontement. De cet argument tiré du roman de Christian Gailly, ‘L’Incident’, Alain Resnais retient - outre la trame respectueusement adaptée - le geste syncopé et le goût de la dissonance. Personne ne connaît la chanson, l’arythmie est à l’unisson. Ici le rêve est un vertige où l’on se perd à l’envi, sous l’oeil espiègle du cinéaste qui fait fi de tout rassurant système et se joue des repères, au profit d’une absolue liberté de ton et de mouvement. Moins entomologiste qu’explorateur, il sonde les méandres pulsionnels et le trouble où se perdent ses personnages. Ses interprètes lui emboîtent le pas : André Dussollier, plus obscur que jamais, avance avec une précision réjouie sur le fil entre frénésie et courtoisie, quand Sabine Azéma fait l’objet de tous les fantasmes en femme volée, dentiste pourchassée, pilote rêveuse ou maîtresse de guerre toutes griffes dehors. Entre rire et grimace, comédie inquiétante et drame enjoué, ces ‘Herbes folles’ se propagent avec bonheur. Elles invitent au voyage, pieds en haut, tête en bas, et haut les coeurs.
clones
USA, 2009, 1h25
Un film de Jonathan Mostow
Avec Bruce Willis, Radha Mitchell...
Science fiction Accessible dès 9 ans
Version française
Deux agents du FBI enquêtent sur le meurtre mystérieux d'un étudiant, qui semble lié à l'homme qui a contribué à mettre au point une invention qui s'est imposée dans toute la société : les gens peuvent désormais acheter des versions robotisées d'eux-mêmes, des doubles sans défaut qui, commandés à distance, effectuent leurs tâches à leur place et leur permettent de vivre par procuration sans quitter le confort et la sécurité de leur domicile. Cette révolution technologique soulève beaucoup de questions, dont la première va vite devenir préoccupante : dans un monde d'apparences qui est réel, à qui peut-on faire confiance ?
Dans «Clones», de Jonathan Mostow, d'après la BD de Venditti et Weldele, les humains, par peur et neurasthénie, ne sortent plus de leur appartement. Dans la vie réelle, pour le travail ou le sexe, ils délèguent un robot, le plus souvent une représentation idéalisée d'eux-mêmes. Dans les rues, presque tous les passants sont des androïdes. Comme sur Second Life, on ne sait plus trop à qui on parle. Parfois, un vieux monsieur se fait passer pour une chaudasse blonde platine. Bruce Willis joue un flic chauve et blême, mais son clone exhibe une peau de bébé et une mèche avantageuse. Il entretient avec sa femme des relations bergmaniennes : depuis la mort de leur fils, elle ne lui parle plus que par le truchement de son robot bimbo en mini-tailleur. Brillant, poétique, aigu comme un épisode de «la Quatrième Dimension».
district 9
USA Nouvelle Zélande, 2009, 1h50
Un film de Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope...
Docu-fiction SF Accessible dès 12 ans
Version originale sous titrée
Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre...
Le film de science-fiction le plus intelligent depuis l’abandon du genre par Paul Verhoeven vient d’Afrique du Sud. Pas d’effets spéciaux spectaculaires, d’histoires rebattues et re-améliorées ni de casting prestigieux : ‘District 9’ ne doit son succès qu’au talent de son réalisateur-scénariste ; d’ailleurs, si le nom de Peter Jackson à la production est un gage de qualité, jamais le réalisateur de ‘Braindead’ ne s’est invité sur le plateau. Avec une bonne dose de subversion, une autre d’humour corrosif et une charge politique assumée, Neill Blomkamp mène son premier long métrage rondement, aussi imaginatif et audacieux dans le fond que dans la forme. La première partie, tournée comme un documentaire, est l’odyssée de l’arrivée sur Terre d’extraterrestres. Au placard les conventions en usage depuis la guerre froide : les aliens, ici de grosses crevettes répugnantes et pacifiques, sont encore plus paumés que les humains et subissent leur statut d’immigrants non désirés. C’est au spectateur de faire la part entre la fiction et une certaine réalité, de remarquer les mécaniques de la ségrégation et de se poser une unique question : et si, finalement, les hommes étaient tellement désabusés par tant de conflits qu’ils réserveraient aux aliens le même accueil qu’à n’importe quelle autre minorité ? Comme pour laisser au spectateur le soin de répondre seul à cette question, la seconde partie du film fait place à une action jouissive rappelant ‘Robocop’ ; chez Blomkamp, la transition entre les deux parties s’effectue aussi naturellement que possible, confirmant l’ingéniosité du monsieur et son besoin d’explorer des territoires inconnus… à l’exact opposé des productions américaines habituelles.
le ruban blanc
France Italie Allemagne Autriche, 2009, 2h24
Un film de Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch...
Comédie Sociale Acc. dès 14ans
Version originale sous titrée
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Palme d’Or - Cannes 2009
Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?
Mi-art, mi-science, le cinéma reste pour Michael Haneke le socle fantastique propice à ses expériences et ses projections mentales. Une fois de plus, c'est en anthropologue du septième art que le cinéaste autrichien nous revient avec 'Le Ruban blanc', un retour aux origines du mal dans ce qu'il a de plus ordinaire et d'insidieux. Celles du puritanisme le plus absolu, du désir frustré. Aux tenues immaculées et à la violence écarlate de Paul et Peter dans 'Funny Games', le réalisateur a substitué la neutralité d'un noir et blanc impartial et l'austérité d'une communauté aliénée à un protestantisme rigoureux. Comme d'habitude, Haneke se garde bien de fournir la moindre clé à son mystère. Il entretient le doute par les non-dits et une maîtrise incroyable du hors-champ. Au spectateur de se faire sa propre opinion sur la nature des méfaits et leurs responsables. Implacable et minutieux, Haneke dissèque ce microcosme villageois au rythme des saisons. Sa rigueur est brutale. Le cinéaste serre ses cadres au plus près des visages, ne laissant aucune chance à ses sujets. Il plonge dans cette société malade au bord de l'implosion, rongée par la malveillance, l'envie, la bêtise et la brutalité, les menaces et les vengeances perverses. Hantée par la peur de "s'égarer", elle s'évertue à marcher dans les pas de Dieu, sans comprendre que c'est de cette contrition et de ces souffrances ordinaires que naîtront les plus grandes monstruosités du siècle à venir. La sévérité de la mise en scène et la longueur du récit (près de 2h30) pourront malheureusement en dérouter plus d'un, mais 'Le Ruban blanc' confirme la très grande maîtrise de Michael Haneke à tous les niveaux de la réalisation, de l'écriture à la photographie, en passant par un casting époustouflant. Une véritable leçon.
lucky luke
France, 2009, 1h44
Un film de James Huth
Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud...
Comédie Western Accessible dès 8 ans
Cinémascope
Au cours de sa mission à Daisy Town, la ville qui l'a vu grandir, Lucky Luke, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", va croiser Billy The Kid, Calamity Jane, Pat Poker, Jesse James et Belle...
Réputées inadaptables au cinéma, les aventures de Lucky Luke prennent enfin vie devant la caméra énergique de James Huth, complice de Jean Dujardin depuis « Brice de Nice ». Le duo s’offre quelques libertés avec l’œuvre de Morris et Goscinny pour donner chair et épaisseur au cowboy le plus rapide de l’Ouest. Visuellement superbe, le film mélange action et humour absurde avec bonheur, porté par l’enthousiasme évident de ses protagonistes. Une réussite.
Rapt
France, 2009, 2h05
Un film de Lucas Belvaux
Avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon...
Drame Thriller Accessible dès 13 ans
Homme d'industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie...
En janvier 1978, l'enlèvement du baron Empain, à l'époque riche héritier et PDG du groupe Empain-Schneider, défrayait la chronique. Avec 'Rapt', en transposant librement l'affaire dans un contexte contemporain, Lucas Belvaux a choisi d'en réactiver les enjeux tout en se libérant du cadre rigide de la reconstitution historique. Le baron Empain devient Stanislas Graff, une grosse tête de l'industrie à l'existence solitaire. L'enlèvement n'est finalement qu'un point d'ancrage sur lequel le réalisateur s'appuie pour développer toute une réflexion autour du parcours personnel de cet homme de pouvoir, incarné à l'écran par un Yvan Attal souverain, délivrant sans doute là l'une de ses interprétations les plus brillantes. Toujours sur le fil, entre sobriété et puissance, fragilité et autorité. Certes, le film n'élude pas la brutalité du kidnapping et de ses ravisseurs, ni l'humiliation quotidienne de la séquestration. Pour autant, le rapt ne constitue pas une fin en soi mais un moyen de révéler les tensions et la violence bien plus ordinaire qu'il génère à l'"extérieur". Qu'elle soit publique, familiale ou intime, Graff s'était efforcé de préserver l'imperméabilité de chacune de ses "vies". Elles se retrouvent malgré lui soudain réunies. Le réalisateur filme cet équilibre fragile qui s'écroule, gangrené par les conflits d'intérêts financiers, politiques et médiatiques. Au nom du pragmatisme, on renie, on remplace, on écrase, on élimine. Chacun abat ses cartes. Chacun a ses raisons, d'Etat ou financières. Belvaux dresse le portrait d'une société moderne indécente, plus soucieuse des soubresauts du CAC 40 que des persécutions infligées à cet homme. Contre tous les "il l'a bien cherché", Lucas Belvaux épluche consciencieusement les rouages malsains du pouvoir ainsi que les plus vils instincts d'une vindicte populaire prête à justifier les pires atrocités. Et pose finalement la question de la barbarie et de sa véritable nature.
Hotel woodstock
USA, 2009, 2h00
Un film de Ang Lee
Avec Emile Hirsch,
Demetri Martin, Liev Schreiber...
Comédie dramatique légère Acc dès 12 ans
Version originale sous titrée
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
Le réalisateur de Tigre et Dragon, Raison et sentiments, Lust Caution, sans oublier le bouleversant Le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee, nous livre son nouveau film. Récompensé à plusieurs reprises dans le cadre du Festival de Berlin et celui de Venise. Avec Hotel Woodstock, il s’éloigne de cette verve épique qui était la sienne ces dernières années et se tourne vers un style plus léger, d’une folle drôlerie derrière une certaine forme de mélancolie.
Ang Lee adapte ici le livre d’Elliot Tiber, un livre qui lui a été offert par l’auteur lui-même alors qu’ils s’étaient croisés totalement par hasard et nous offre une comédie d’une enthousiasmante énergie dépassant la simple parenthèse cinématographique sur un évènement culturel ayant marqué l’histoire des Etats-Unis. Raconter Woodstock était dès le départ une entreprise terriblement périlleuse et ce concert mémorable avait déjà fait l’objet, en 1970, d’un percutant documentaire de près de trois heures. Le cinéaste se concentre donc ici avec intelligence sur une petite histoire dans la grande histoire, un délicieux épisode, le cheminement d’un homme ayant permis que tout cela prenne forme, sans réellement y participer directement, le récit d’une libération personnelle s’inscrivant avec pertinence dans le parcours d’Ang Lee. Au fil de ces quelques semaines qui vont précéder le concert, au fil des rencontres, au fil de ces trois journées inoubliables, la vie étriquée du timide et taciturne Elliot va soudainement exploser car il va enfin réussir à affronter ses angoisses, à s’imposer, à oser être ce qu’il est, un homosexuel ne supportant plus la tyrannie de sa mère, un homme ayant envie enfin d’exister pour lui-même, de s’épanouir en acceptant sa propre sensibilité. Au travers de ce personnage, Ang Lee retrouve des thématiques qui lui sont chères, poursuit ses questionnements sur la famille, la quête identitaire, l’affirmation de ce que l’on est au plus profond de nous.
Une joueuse parenthèse, débridée, humaniste, cool évidemment, nous donnant envie de retrouver cette ferveur insouciante qui portait les jeunes de cette époque. Un film qui sortira aux Etats-Unis pour les 40 ans de Woodstock.
La plaquette s’enrichit !
Dorénavant, vous pourrez rencontrer au fil des pages un étrange tampon. Ni pour les amoureux,
ni contre le cancer, simplement voilà un signal destiné à mettre en avant certains films que nous
avons visionnés et qu’il nous paraît important de défendre, simplement pour que vous ne passiez pas à côté.
Effectivement, certaines perles sont parfois noyées dans la programmation et parce que personne ne parle d’elles, beaucoup d’entre vous les ratent.
La dernière était ‘Cherry Blossoms’ un petit film allemand qui est passé totalement inaperçu et qui pouvait paraître difficile et déprimant. En fait c’était tout le contraire mais il n’y a que 30 chanceux répartis sur 6 séances qui en ont profité.
Ce ‘coup de coeur’ signifie donc que vous pouvez aller voir ce film les yeux fermé (mais mieux vaut les ouvrir dans la salle), vous y verrez un film rare, sympathique, troublant, mais toujours intéressant.
L’autre nouveauté se situe après le genre du film. Nous vous indiquerons à partir de quelle tranche d’âge se destine le film. Attention, cette information ne se substitue pas aux interdictions ou avertissements réglementaires, mais elle sera complémentaire. Par exemple, un film d’animation n’est pas forcément accessible pour les tout-petits (comme Coraline qui est conseillé à partir de 10 ans) et peut-être parfois passionnant pour les adultes.
Site Internet Nous nous apprêtons à développer notre site internet pour qu’il soit plus complet. ( Pour l’instant sur www.cineco.org grâce à l’amabilité du réseau des offices du tourisme vous ne trouvez que la programmation)
Nous pourrions ajouter une page de présentation, une page concernant les animations exceptionnelles, un mot sur les équipes de bénévoles de vos villages, un forum pour vos réactions et suggestions... Et pourquoi pas ce que vous souhaiteriez y trouver ?
Alors n’hésitez pas et faites nous part de vos désirs même les plus fous. Nous ne manquerons pas d’en tenir compte. Réagissez au 04 66 45 94 41 ou sur notre email cineco@free.fr
Communiqué spécial St Jean
Suite à des problèmes techniques récurrents qui ont conduits à l’annulation de plusieurs séances et face à la difficulté que nous rencontrons pour assurer une activité cinéma régulière (annulations de l’été, téléscopages réguliers) les bénévoles, démotivés, souhaitent réduire leur investissement en attendant d’autres conditions.
Le rythme du cinéma cet hiver sera dont réduit de moitié.
Soit un film tous les 15 jours le vendredi. Les films programmés par les ados de l’Oustal (qui, on le rappelle, constituent le circuit Plus) sont maintenus en priorité.
Présentation – Débat
Le Cinéclub s'invite à Cinéco
Dans le cadre d’un partenariat, le cinéclub (créé il y a deux ans) viendra animer régulièrement des films projetés par Cinéco à Florac.
Tous les 2 mois vous aurez la possibilité d'échanger vos idées et vos critiques sur un film. Les bénévoles du cinéclub vous proposent pour cette programmation une présentation et un débat autour du film ‘Les Herbes Folles’ d’Alain Resnais ("Prix exceptionnel" Cannes 2009 à Alain Resnais pour ce film et pour l'ensemble de sa carrière). à l’issue de la séance nous vous proposons de se retrouver autour d'une buvette dans le but d'approfondir votre passion du cinéma.
Événement
Nouvelle Vague : Jean Douchet à Florac
Les 12, 13 et 14 février, venez découvrir La Nouvelle Vague présentée par Jean Douchet, historien du cinéma, à l'occasion des Rencontres des Cinéclubs de Lozère.
Cinéco s'associe au Cinéclub de Florac qui vous proposera de voir ou revoir des films de Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Eric Rohmer ou encore de François Truffaut.
Au programme : Analyses filmiques, projections, exposition, courts-métrages et des rencontres avec Jean Douchet, le "Socrate du Cinéma".
Toutes les projections sont gratuites pour les adhérents du
Cinéclub de Florac (Adhésion 15 €)
Renseignements & réservations : 04 66 45 12 73
info@cineclubflorac.fr ou www.cineclubflorac.fr
Certains articles sont
extraits du magazine Diagonal, de la revue Première, du site de Télérama
http://www.telerama.fr/
ou de M.Cinéma avec l'aimable autorisation des rédacteurs.
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