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Les légendes du Gévaudan


Légendes d
e la Lozère d'après Benjamin Bardy 


5
e édition 

En vente chez l'auteur :

LE RANCE 
48000   MENDE

France

            

  Sommaire                          

Légendes et histoire                   

Légendes médiévales                  

Légendes des vieux castels      

               Légendes Diverses

              Légendes et Mythologie

      
        

INTRODUCTION

Dans notre vieux pays de Gévaudan, à l'écart des grandes migrations humaines, bastion de montagnes retranché, où le passé vit encore, il n'est pas étonnant de retrouver, dans les récits légendaires transmis jusqu'à nous, tous les thèmes de notre mythologie nationale. Les variantes locales, les adaptations au sol - qu'une capricieuse nature a, ici plus qu'ailleurs, bouleversé et diversifié l'accroissement du champ légendaire, par apport plus récent ou transformation du thème initial, donnent, en ce domaine, à notre folklore un attrait tout particulièrement intéressant.
En publiant ces Légendes, que j'ai recueillies soit directement, soit dans les ouvrages sur la Lozère, je ne fais certes pas œuvre originale. Mais depuis que le Dr Barbot a publié en 1902 ses " Légendes Lozériennes illustrées ", faisant œuvre littéraire plutôt que de folkloriste, rien en ce sens n'avait été fait.

...et voici la 5e édition des Légendes du Gévaudan. C'est en 1958 qu'en parut dans Lou Païs le texte qui, tiré à part, constitua la première édition. Mon but principal était alors de montrer qu'il existait dans ce département un folklore d'une richesse insoupçonnée que la seule semi-légende exploitée, celle de la Bête du Gévaudan, risquait d'étouffer à tout jamais.

Rapidement épuisée cette première édition fut suivie d'une seconde, revue et augmentée, en 1960. Je souhaite que cette nouvelle édition, encore augmentée, ait au près du public une audience aussi grande que les quatre précédentes.
  
                                                                                             B. BARDY.

Benjamin Bardy
Documentaliste-Archiviste
Président du Centre d'Études et de Recherches de Mende


Préface

L'Histoire est science, événements, documents. archives, esprit, vie matérielle et pensée des hommes.

La légende n'est, étymologiquement, qu'une chose à dire d'abord, puis à lire
Là, jouent la tradition orale et l'imagination populaire. Les faits sont déformés, mais qui est témoin impartial? Par contre, la légende traduit des sentiments, des manières de sentir et de penser, nés du terroir, du dialecte, du subconscient. La légende n'est pas scientifique, mais souvent elle supplée à l'histoire, lui confère une vie profonde et un charme littéraire qui ne sont pas sans valeur.

Le Gévaudan, pays ancestral, où la préhistoire et l'histoire gallo-romaine sont encore présentes, est aussi une Terre de Légendes.

M. Bardy, adopté par la Lozère, était préparé à joindre à la compréhension des archives locales, le récolement des légendes populaires de la Lozère. il a su recueillir, peu à peu, ces vieux récits qui alimentent encore les veillées des cultivateurs et les méditations des bergers.

Grace à ce petit ouvrage, plein de sève, ces narrations familières seront conservées pour le plus grand profit du folklore local et une meilleure compréhension du sol et des habitants de la Lozère.

 

Robert TINTHOIN
Docteur ès-Lettres
Ancien Directeur des Services d'Archives de la Lozèreretour ...

                                           

 

 

          

Légendes et histoire

La Légende de Saint-Privat

Autour d'un fait historique, autour d'un personnage réel une légende est née...
Les actes de cet être ont été amplifiés son champ d'actions a été déformé à tel point qu'il est presque impossible d'en reconnaître le bien-fondé et le déroulement chronologique; l'imagination populaire a déformé, telle une loupe, le véritable cours de l'histoire ; et celle-ci est une chose,  la légende qui s'appuie sur elle une toute autre chose.

Cette pénétration est particulièrement intense dans ce qu' il est convenu d'appeler les légendes hagiographiques, qui chantent la vie et le martyre ou la mort des saints de notre primi tive église du Gévaudan. Là, pendant trois siècles au moins l'histoire confine à la légende car la tradition orale fut seule à conserver vivante la mémoire du premier évêque de Gévaudan, Saint Privat.

L'histoire. - Saint Privat vivait, selon la majeure partie des érudits locaux, au IIIe siècle. Il subit le martyre à la fin de ce siècle lors de l'invasion des Alamans aux ordres de Chrocus à Mende et sur son tombeau s'éleva une église. Sa sépulture et l'endroit où il se retirait pour prier devinrent des lieux de pèlerinage.

La légende. - Les Barbares le découvrirent en prières et n'ayant pu obtenir du héros chrétien qu'il sacrifiât à leurs idoles, ils l'arrachèrent à la croix qu'il avait embrassée, et l'attachant dans un tonneau garni de fers tranchants, l'abandonnèrent à la pente du rocher. Le tonneau roula en bondissant et alla s'arrêter dans les ronces qui bordaient pied de la montagne.

Au pied du rocher de l'ermitage de Saint-Privat, il y avait une fontaine d'huile d'olive de première qualité. Elle était exclusivement réservée pour les gens pauvres qui dans temps-là ne se faisaient faute ni de salades ni de fritures. Mais voilà que les riches s'avisèrent de vouloir faire leur cuisine aux dépens de la canaille, c'est-à-dire d'aller puiser de l'huile à  la fontaine et dès lors la source se tarit et ne donna plus rien à personne.retour ...

 

           

Légendes et histoire

La Légende et Sainte-Enimie

L'histoire.
De sang royal, Enimie,
sœur du roi Dagobert, atteinte par la lèpre vint en Gévaudan, sur ordre de Dieu, pour être guérie. Après être allée aux bains renommés de Bagnols, en vain, elle est conduite à Burle et guérie. Elle veut repartir, mais la lèpre la reprend. Guérie par un nouveau bain elle repart. Désespérée par une nouvelle atteinte du mal elle retourne à la source miraculeuse, est guérie, fonde un monastère, et meurt dans la prière et le recueillement. Autour de son tombeau, s'éleva le bourg de Sainte-Enimie.

La Légende.
Un troubadour du XIIIme siècle, Bertran de Marseille, a chanté, en langue provençale, les miracles et la vie de Sainte Enimie. La légende essaie d'associer la vie de la Sainte aux accidents naturels du pays, à ses monuments et à ses noms de lieux

... Quand elle eut ainsi réfléchi et qu'on eut un peu plus avancé, le mal l'a reprise une autre fois, et l'a toute brûlée. Là encore en cet endroit, où elle fut toute brûlée par le mal, il y a deux villages dont l'un s'appelle Branède à cause de cette brûlure. Là même sur la route où elle se mit à réfléchir est un autre village qu'on nomme Pessade, car là elle réfléchit. Denhas, Branède et Pessade sont trois villages sur la route, dans un parcours de demie-lieu ; quiconque y passe peut le savoir, Pessade est entre les deux villages de Branède et de Denhas".

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Voici une de ses manifestations à Ste Enimie
 

Le Drac

Nous sommes en plein merveilleux, et la croyance au Drac, Dracounet est très répandue.

Esprit malin, rusé, ennemi de l'humanité, il s'apparente dans bien des circonstances à Gripet, le Diable...

 


Le Drac au Pas-de-Souci

Sainte Enimie s'était établie à Burle dans une région jusque-là païenne. Drac ou Satan en était fort contrarié et, souvent, se servant des avens dont est parsemé le Causse pour sortir de l'Enfer, il venait persécuter les nonnes du monastère fondé par la Sainte.
Enimie, comprenant d'où venait le désordre, obtint de Dieu le pouvoir d'enchaîner Ie démon s'il s'introduisait au couvent. Surpris un jour, Drac s'échappa pourtant et se mit à fuir le long du Tarn. La sainte se lança à sa poursuite à travers ces affreux rochers. Elle fut longue et fatiguante cette course.

Au cirque des Baumes, Saint Ilère était dans sa grotte en prière, le diable se fit petit en passant sous cette retraite et le saint était plongé dans une telle oraison qu'il ne vit rien. Haletante et épuisée, Enimie s'arrêta. Le démon lui échappait, car il touchait au gouffre du Tarn et allait y plonger pour gagner de là ses enfers. Elle s 'écria : "A mon secours, montagne arrête-le ". Tous les énormes rochers s'élancent alors sur l'ennemi. Très fort et très leste, le démon subit sans s'arrêter l'avalanche des menus rocs. Son pied touchait déjà le bord du gouffre quand l'effroyable masse de la Sourde lui tomba dessus. La roche Aiguille, gênée dans sa descente par sa grande taille, était encore à mi-montagne : "As.tu besoin de moi, ma sœur, cria--t-elle à la Sourde?"  "C'est inutile, je le tiens bien ! ".
La sainte vit le diable pris ; elle fit un geste et tous ces rocs s'arrêtèrent dans le moment, gardant leur position. Drac put se dégager et regagner son ténébreux royaume malgré le poids énorme de la Sourde. Dans sa rage impuissante, il griffa la base du rocher et depuis lors - jusqu'à une inondation de 1875 - sa main sanglante est restée empreinte sur la pierre.retour ...


           

Légendes et Pèlerinages

Notre-Dame-de-Quézac

Il y 'avait à Quézac un pèlerinage renommé à la Vierge. Il existe toujours aujourd'hui pour tout le diocèse le jour de la Nativité de la Vierge, 8 septembre.
L'origine de cette dévotion est miraculeuse : "Dans la première partie du onzième siècle vivait à Quézac un agriculteur du nom de Jacques Deleuze. Un jour qu'il labourait son champ il n'est pas peu surpris de voir tout à coup ses bœufs s'arrêter et refuser obstinément d'avancer.Il les ramène en arrière, leur fait tracer un nouveau sillon.Arrivés au même point, encore les bœufs s'arrêtent et rien ne peut les faire aller plus avant.

Jaques, frappé de cet événement en parla au curé et aux notables. On décida de creuser le sol au lieu marqué, ce qui amena la découverte d'une statue de la Très Sainte-Vierge. L'image fut aussitôt portee à l'église paroissiale mais le lendemain la statue n'y était  plus.
Elle était retournée à l'endroit même où on l'avait  découverte la veille... Marie voulait être honorée au lieu de découverte. On y bâtit l'église sous le vocable de la Nativité de la Vierge....".

Abbé Solanet "Histoire de Notre-Dame de Quézac", Mende, Pauc 1903

.

Au lac Saint-Andeol

- Jusqu'au  milieu du siècle dernier, le lac Saint-Andéol fut l'objet d'un culte superstitieux que signalait déjà au VI me siècle de notre ère Grégoire de Tours.
Les foules s'y rendaient en masse le jour de la Sainte-Epine - deuxième dimanche de juillet - et jetaient, dans les eaux du lac pour apaiser les dieux du lac et préserver leurs récoltes de la grêle, des objets précieux ou des produits de la terre.


".. Sur une montagne du territoire gabalitain du nom  d'Hélanus est un grand lac où à une époque déterminé une multitude de campagnards sous forme de libations au lac offrent du linge, des pans d'étoffe en usage pour les costumes d'homme ; quelques-uns y jettent des toisons de laine ; un grand nombre de gâteaux de cire ou du pain et chacun selon ses facultés des pièces de monnaie. - -

Ils arrivaient sur des chars portant avec eux leur breuvage et leur nourriture, égorgeaient des animaux et leur festin durait trois jours. Au quatrième, quand ils se disposaient à partir, éclatait une tempête accompagnée de tonnerres et de violents éclairs et, telle était la violence de la pluie et de la grêle de pierres qui tombaient sur eux, qu'à grand peine chacun estimait  y pouvoir échapper.
Ce fait se renouvelait tous. les ans... Ces excès se perpétuaient depuis de longs siècles... "

Abbé
Solanet "Vie de Saint Hilaire, évêque de Mende", Semaine Relig., 1903. U. Pontier, Lozère Nouvelle, 7-21 août 1960


Malgré les exhortations de l'évêque de Mende Hilaire qui éleva une chapelle en ce lieu à l'honneur d'Hilaire de Poitiers, le peuple converti au christianisme n'en continua pas moins pendant plus de treize siècles à se rendre aux bords du lac.
On disait que le lac Saint-Andéol attirait les orages et la grêle (*), et qu'en jetant ce qu'on avait de plus précieux dans ses eaux on atténuait son influence néfaste.

* Th. Roussel "Projet d'enquête sur la gréle dans la Lozère et de l'influence présumée des lacs d'Aubrac, en particulier du lac Saint-Andéol in Bull. Soc. Loz., 1858, pp. 276-289.retour ...



                

Légendes médiévales


Castelbouc

Le Père Louvreleul cite au début du 18 me siècle dans ses " Mémoires historiques sur le pays de Gévaudan " Castelbouc parmi les sept merveilles du Gévaudan, grâce à une vaste grotte  au milieu d'une chaîne d'autres rochers, dont on fit un four si grand et si vaste "qu'avant qu'on en ait fait le tour, le pain qu'on y met est déjà cuit"(p.127) .
Une autre version de l'histoire, bien plus marrante est celle du poète Louis Jourdan qui a embelli cette légende dans son petit recueil "Aux Gorges du Tarn" (Paris, Lemerre, 1894).
Pour un poète, la légende était facile à construire,
Castelbouc : château du bouc.

" Alors tous s'en allaient : rois, évêques, barons
Gueux des communes, serfs de la glêbe, larrons
Malandrins, tous, la Croix Blanche entre les épaules Pêle-mêle...

Seul du haut de sa tour qu'un grand roc dresse anxieux
Surplombant au-dessus d'une bourgade agreste
Quand la troupe passa Raymond *cria "je reste"...
Moi le haubert m'étouffe et le casque m 'assomme...

Une honte le prit d'être inutile, seul
En son castel ainsi qu'un ours en sa tanière
Et le cœur débordant de sève printanière
Il descendit au bourg tapi sous le rocher
Or les femmes voyant leur seigneur approcher
L'entourèrent disant "Ah ! que tristes nous sommes
Filles sans nos galants, épouses sans nos hommes
Que mornes sont les jours, que longue sont les nuits !"

Le cœur du banneret mollit comme une cire...
Oui dit-il de vos maux je connais le remède
Je vous consolerai toutes si le ciel m'aide...
Et le Castel passa lieu de pèlerinage......

Une vieille lui dit : "Cela finira mal
A l'user de la sorte on crève l'animal I .."

- O Vieille, fit Raymond, à peine le festin
Commence et tu voudrais que je lève la table?...

Mais la meilleure chose est de peu de durée
Et ce régal trop court ne fut qu'une curée
Où la femme croqua jusqu'au dernier lambeau...
Pauvre Raymond ! Un soir hélas, comme un flambeau
Qui jette en expirant une plus vive flamme,
Dans un effort suprême et doux, il rendit l'âme.

Son cadavre fut mis en terre sans le prêtre.
Et la vieille conta qu'elle avait vu paraître
La nuit suivante, sur le roc où le manoir
S'élève, un animal étrange, velu, noir
Un grand bouc qui poussait des bêlements infâmes
Dardait vers la bourgade où reposaient les femmes
L'éclat de son regard fixe et concupiscent...
Et la vieille ajouta : "C'est l'âme de Raymond"...

Depuis lors on entend, la nuit, sur ces sommets
Où le donjon crevé porte au front des ramures,
Un bêlement suivi par d'étranges murmures.
Et les veuves, songeant aux veuves de jadis,
Se signent et tout bas disent : "De profundis".
retour ...

* le seigneur

              

La légende des Barons du Gévaudan

"Un jeune homme d'honnête condition, originaire de Mende, prit envie d'aller à Paris pour y trouver meilleure fortune. Il fut envoyé à la Cour du Roi de Hongrie. Il remplit sa mission avec tant de zèle qu'il devint le confident du roi. Ses entrées au Palais royal lui ouvrirent le cœur de la fille unique du roi. Mais de ce mariage il n'en fallait parler, l'héritière du trône de Hongrie ne peut épouser un berger du Gévaudan.

L'infortuné prétendant n'eut d'autre ressource que d'enlever celle qu'il aimait. Persuadé de la noble extraction de son amant, la jeune fille ramassa, certain soir, bijoux, bagues et joyaux et se retirant dans sa chambre sous prétexte de dévotion pour éloigner la sollicitude encombrante des serviteurs, sortit en secret et rejoignit le lieu du rendez-vous dès la nuit venue. Le jeune homme l'attendait et chevauchant sans arrêt amena sa fiancée clandestine en Gévaudan.

Ils se mirent en ménage, et eurent sept enfants mâles..
Mais les ressources manquèrent rapidement, force fut aux jeunes époux de mettre très tôt leurs trois aînés en apprentissage. Le premier fut destiné à être charpentier, le second maçon, le troisième tourneur..

Le Roi de Hongrie recherchait sa fille. Il pensa que le jeune homme qui avait disparu en même temps que celle-ci, pouvait bien être l'auteur du rapt. Il fit route vers le Gévaudan. Dès qu'il eût connaissance de l'arrivée du Roi, le jeune homme prit la fuite et se retira dans un nid d'aigle à la cime d'un rocher escarpé. Mais le hasard voulut que deux capitaines de la garde royale fussent logés dans sa maison.

La princesse, de peur d'être reconnue, ne se montrait point. Le roi l'apprit et voulut connaître si cette femme avait sujet de se plaindre de ses deux capitaines. Il la fit appeler devant lui. La jeune femme obéit et reconnaissant le roi son père implora à ses genoux humblement pardon. Le roi pardonna et sa fille et son gendre. Les enfants lui furent présentés, les trois aînés avec leurs outils : le charpentier avec une hache, le maçon un marteau, le tourneur un tour...

Le roi ne voulut point retourner en Hongrie, il abandonna ses titres et acheta le pays de Gévaudan qu'il fit ériger en comté. La couronne comtale fut pour son gendre, il se réserva l'évêché. A la mort du comte, l'évêque retira l'évêché et le comté pour lui, laissant les sept baronnies aux fils du comte. Pour cette raison, le premier des barons du Gévaudan porte dans ses armoiries une hache, c'est le baron d'Hacher (Apchier), le second un marteau pour couper les pierres, le baron de Peyre, le troisième une tour, le baron du Tournel. Les quatre autres : Randon, Canilhac, Cénaret, Florac prirent le nom de la terre qui leur était dévolue.. ."

Ainsi, d'après la légende, la huitième baronnie du Gévaudan, celle de Mercoeur, dont les limites s'étendaient à l'Auvergue, serait d'institution plus récente (51)

D'après Catel : "Mémoires de l'histoire de Languedoc" liv. 3. reproduit dans Ann. Loz., 1884.retour ...

 

               

La Dame de Séjas


....La tradition populaire rapporte l'implacable vengeance d'un seigneur de Séjas - château situé dans la commune de Montrodat près du chemin qui mène à La Grange - contre sa femme convaincue d'adultère. Ce seigneur ayant été persuadé au retour d'un long voyage de l'infidélité de son épouse, en fut si irrité qu'il résolut de venger cet outrage par la mort du séducteur.
En attendant que le moment fut propice, il fit lier et garrotter la malheureuse et sans autre forme de procès la fit précipiter du haut d'un énorme rocher qui, depuis, se nomme le Rocher de Madame et qui se trouve situé sur le petit sentier allant de Séjas à Montrodat.

D'après Denisy "Notice sur le canton de Marvejols", Issoire, Caffard, 1878, p. 189.retour ...

       

Les Faucons du baron de Cénaret

Le seigneur de Cénaret, près de Barjac, aimait beaucoup la chasse aux faucons. Un jour il organisa avec les seigneurs voisins une chasse générale.
Pendant que tous ripaillaient, un énorme faucon vint enlever sous les yeux des convives la petite fille du baron qui jouait sur la terrasse du château. On repéra l'endroit où le rapace avait déposé l'enfant et il fut bien malaisé de l'atteindre et de le sauver.

J.Barbot, "Contes lozériens", p. 92. R. de Saboulin-Bollena "Légende de Cénaret" in
Bull Mythologie Franc, juillet sept. 1984 p. 27.30retour ...

 

                

les Fantômes du Tournel

Le château du Tournel, dont les ruines imposantes dominent la haute vallée du Lot, garde encore bien des secrets. Elles vous inviteront à évoquer la triste légende de Yolande et d'Aymeri

Le Seigneur du Tournel allant guerroyer au service du roi, prit avec lui son page Aymeri, laissant au château Gilette, l'épouse fidèle et Yolande sa belle suivante promise au page. Aymeri revint seul au château annonçant la mort du chevalier. Aymeri délaissa Yolande et voulut épouser Gilette ; folle de douleur, la fiancée délaissée, jurant de se venger, arracha, au cours du festin, la dague à poignée d'or du traître et la plongea dans le cœur du parjure puis de la lame sanglante se frappa à son tour. Le lendemain, des messagers rapportèrent que le baron avait en fait été tué par son page qui devait expier son forfait de leurs mains.
Il était trop tard... mais Gilette, folle de rage, fit pendre le cadavre d'Aymeri qui, de mémoire d'homme, se balança longtemps au gibet du château
                                                                                                                Dr Barbot

C'était du temps où les guerres de religion partageaient en deux camps hostiles les gens du Gévaudan. Les protestants s'étaient emparé du château du Tournel, chassant les défenseurs et les hommes du village.
Seules les femmes avaient obtenu de rester dans leur maison. Elles se présentèrent toutes un jour à la même heure aux portes du château, prétextant que c'était jour de lessive. Elles furent admises à pénétrer dans l'enceinte et prirent tout le linge sale qu'elles trouvèrent comptant, ce faisant, le nombre des soldats et remarquant l'endroit et le moment où la garde se prenait.
Elles descendirent à la rivière, lavèrent puis étendirent au soleil tout le linge et le soir elles remontèrent au château. La lourde porte s'entr'ouvrit. Mais au même instant, les soldats du parti adverse, prévenus par les lavandières, cachés dans tous les recoins, se précipitèrent à l'intérieur du château, firent grand carnage d'ennemis et hissèrent sur la plus haute tour l'étendard du baron.
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M. Massador, ancien maire de Saint-Julien-du-Tournel, 1970.

           

Les deux chiens de Canilhac

A Canilhac existent encore les ruines d'un château, siège d'une des huit baronnies du Gévaudan, aux frontières du Rouergue.

Ermengarde, douce et vertueuse, avait épousé Geffroy de Montaigut, avare et cruel.
Il partit en quête d'aventures, pendant que sa femme faisait prospérer le bien familial. Geffroy revint n'ayant que l'idée de s'emparer du trésor accumulé durant son absence. Un soir, il se présenta, haineux et la dague au poing, devant la douce Ermengarde qui en tomba raide d'effroi. Geffroy fit transporter son corps dans les sous-sols du château. C'était sans compter sur le flair des deux limiers fidèles qui découvrirent la cachette. Un serviteur ramena dans sa chambre Ermengarde qui n'était qu'évanouie. Elle reprit conscience et, le soir, se présenta dans l'appartement de son époux. Geffroy, fou de rage, voulut s'élancer contre elle mais les dogues le devançant s'élancèrent contre lui et eurent tôt fait de mettre en pièces les chairs du seigneur maudit et dévoré par les vautours. Ermengarde n'oublia pas ses chiens fidèles Ils moururent de vieillesse et en leur honneur elle décida d'abandonner le nom banni de Montaigut pour celui de·Canilhac qui signifie : deux chiens liés ensemble (duos canes ligati).
retour ...

J.Barbot, "Contes
lozériens", R. de Saboulin-Bollena "Légende de Cénaret" in Bull Mythologie Franc

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