« On maraude mes pommes, j’arrache le pommier
»
(Guy de Maupassant)
La Picharlerie est un hameau situé
sur la commune de Moissac Vallée Française, dans les Cévennes.
Abandonné depuis 60 ans, il était occupé, et peu à peu remis
en état par ses nouveaux habitants, depuis 2002.
Le mercredi 11 juillet, l’expulsion
a été exécutée manu militari à la suite d’un arrêté du
tribunal et le propriétaire en titre l’a fait raser au
tractopelle.
La Picharlerie, haut lieu de la
Résistance, avait abrité des réfractaires au STO et des
partisans anti-fascistes entre 1943 et 1944. La ferme avait été
attaquée par les nazis et les forces collaborationnistes
françaises en avril 1944. Ce lieu appartenait aussi à la
mémoire collective des Cévennes : pendant des siècles, des
paysans y ont vécu et l’ont cultivé.
Ce qui vient de se produire, et qui
se veut exemplaire, témoigne d’une politique du fait accompli,
avec grande brutalité, orchestrée par le Préfet de la Lozère,
Mr Paul Mourier : la procédure bâclée, expéditive, l’absence
de communication et de négociation avec les habitants et les
élus, relèvent de l’abus de pouvoir.
Cet acte amplifie un climat de
tension manifeste dans la région depuis quelque temps, et risque
d’accentuer les clivages au sein de la communauté.
Qui peut prétendre vivre dans ce
pays ?
Ceux qui, ne l’ayant pas reçu en
cadeau d’héritage, le font renaître en y habitant, en le
restaurant à leur manière, en le cultivant…
Ou bien celui qui, l’ayant reçu de
ses ancêtres, le tue en l’abandonnant puis en le rasant ?
Cévennes, terre de résistance.
« Résister est un verbe qui se
conjugue au présent » (Lucie Aubrac)
Déclaration d’un collectif d’habitants,
d’associations et d’élus, à l’issue de son assemblée
dominicale du 22 juillet.
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faites suivre un max, que tout le monde le sache
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